La police danoise enquête sur de nouvelles menaces à l'aéroport de Copenhague
Des rédactions en Irlande et en Bulgarie ont reçu vendredi des courriels de menace à la bombe, signés par un certain "Mikhail Andropov", qui a également revendiqué une série de fausses alertes visant le trafic aérien de passagers à travers l’Europe.
Les messages, envoyés à la chaîne bulgare Nova TV et au groupe audiovisuel public irlandais RTE, dont les locaux ont été évacués, étaient intitulés "Message à l’Occident", présentant ces menaces comme le prélude à une série d’attaques contre les moyens de transport à travers l’Europe.
La chaîne britannique Sky a également déclaré avoir reçu une menace visant ses installations, précisant avoir procédé à une évaluation des risques et signalé l’incident aux autorités compétentes.
Reuters n’a pu établir ni l’identité de l’expéditeur, ni l’origine des e-mails, ni déterminer s’ils provenaient effectivement de la même source que les menaces qui ont visé des dizaines de vols, ou certains d’entre eux, depuis mardi.
S'agissant de ces alertes visant des avions, aucun engin explosif n’a été découvert et tous les appareils ont atterri sans encombre.
UN MINISTRE ESPAGNOL ÉVOQUE UNE "GUERRE PSYCHOLOGIQUE"
Jeudi, des compagnies aériennes et des aéroports italiens ont reçu des courriels de menace prétendument envoyés par un mouvement russe interdit, sans que leur origine puisse être vérifiée.
Le ministre espagnol des Affaires étrangères a estimé que le continent semblait faire face à une "agression hybride" et à une forme de "guerre psychologique".
Six vols avaient été perturbés mardi et près de 30 jeudi. Certains ont dû effectuer des atterrissages imprévus ou être escortés jusqu’à leur destination par des avions de chasse.
Vendredi, des avions de chasse ont escorté des appareils reliant Bruxelles à Sofia, Prague à Bucarest et Chypre à travers l'espace aérien hongrois, en raison de menaces à la bombe, a déclaré le ministre hongrois de la Défense, Romulusz Ruszin-Szendi.
Il a également dit que l’Otan avait ordonné une patrouille aérienne près de la frontière entre la Hongrie et la Roumanie. Il s'agit du premier signalement d'une implication de l'alliance militaire occidentale dans cette affaire.
Au Danemark, la police a annoncé que des menaces avaient visé le trafic aérien à l'aéroport de Copenhague, ajoutant ne pas avoir décelé de danger pour les passagers. L’aéroport a déclaré fonctionner "normalement".
La police tchèque a enregistré des menaces à la bombe visant neuf vols au départ et à destination de Prague. Un porte-parole de l'aéroport a précisé qu'aucun vol n'avait été annulé pour cette raison.
En Italie, un vol de Wizz Air reliant Prague à Rome a été dérouté vers Venise, a ditune source au sein des autorités aéroportuaires.
En France quatre nouvelles menaces à la bombe ont été proférées contre des avions survolant son territoire, qui ont tous atterri sans encombre.
Au Portugal, un vol de Ryanair en provenance de Rome a atterri comme prévu à Lisbonne, a rapporté CNN Portugal.
Des experts en sécurité ont déclaré jeudi que ces menaces présentaient les caractéristiques d'une "attaque hybride" coordonnée, tout en soulignant qu'il restait possible que des individus aient agi par mimétisme ou pour régler des différends personnels.
UNE VAGUE DE SABOTAGES À TRAVERS L'EUROPE
Bien qu'aucun pays n'ait attribué la responsabilité de ces menaces, celles-ci interviennent après une vague d'actes de sabotage et de tentatives d'attaques visant différentes cibles en Europe, notamment des sous-stations électriques en Allemagne, des installations liées à la défense dans la région baltique, des systèmes de réfrigération de supermarchés en France et ailleurs, ainsi que l'aéroport de Leipzig, en Allemagne.
De nombreux responsables ont établi un lien entre cette campagne et le soutien apporté par l'Europe à l'Ukraine dans sa guerre contre l'invasion russe, accusant Moscou de mener une campagne de perturbations "hybrides" qui sont, par nature, peu coûteuses à mettre en œuvre et faciles à nier. Moscou a fermement démenti toute implication.
Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a déclaré à la chaîne nationale TVE que, même s’il faudrait du temps pour déterminer exactement ce qui s’était passé, "cela ne peut pas être une simple coïncidence que tant d'incidents présentant exactement le même mode opératoire se produisent à travers l’Europe".
"L'hypothèse la plus raisonnable est que nous sommes confrontés à une tentative d'agression hybride et à une forme de guerre psychologique", a-t-il déclaré, ajoutant que l'Europe devait se préparer à faire face à d'autres défis de ce type.
Jeudi, une source aéroportuaire italienne a indiqué que des menaces à la bombe avaient été adressées à plusieurs compagnies aériennes et gestionnaires d'aéroports à Rome et Milan, au nom de prétendus "combattants de l'État masculin" ("Male State"), un mouvement d'extrême droite antiféministe interdit en Russie.
Reuters n'a pas été en mesure de confirmer l'identité de l'auteur de cet e-mail. Vladislav Pozdnyakov, un blogueur russe qui a fondé le "Male State" en 2016, a déclaré que celui-ci n'existait plus et qu'il n'était en aucun cas impliqué.
(Reportage des bureaux de Reuters, version française Elena Smirnova, édité par Benoit Van Overstraeten)

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